01 octobre 2012

Le Monde d'Hier ~ Stefan Zweig

zweig

Résumé : Une autobiographie intellectuelle et historique de Stephan Zweig qui, de par sa condition d'Autrichien et de Juif, a vécu la paix, la richesse culturelle européenne, la première guerre mondiale, l'après-guerre et a poussé son dernier soupir alors qu'Hitler régnait en maître sur un paradis dévasté.

Mon avis perso : Lorsque l'on situe ce livre dans l'histoire, on réalise qu'on ne tient pas n'importe quelle autobiographie dans les mains. C'est dans la perspective de mettre un terme à ses jours quelques mois plus tard que Zweig a écrit ce véritable testament intellectuel (la vie intime et privée de l'auteur n'est presque pas abordée). Zweig, c'est l'homme qui vécu tout ce que le XXème siècle offrait, le meilleur comme le pire. Zweig, c'est le XXème siècle. Et c'est assez touchant de toucher du bout des doigts cette part de notre histoire.

En dehors de ses qualités extrinsèques, le roman a su m'apprivoiser et me raccorder avec un genre que je fuis habituellement. Non, les autobiographies, c'est loin d'être mon kiffe, mais elle-ci m'a passionnée. De la même manière que le contexte assez extraordinaire de l'oeuvre fait office une passerelle directe pour en atteindre son coeur, l'écriture géniale de Zweig nous porte au plus près de son âme. En tournant la dernière page, vous avez l'impression de quitter un parent éloigné.

Bon, évidemment, sur les quelques 500 pages de mon édition, le temps est parfois long. Les pérégrinations culturelles de Zweig impressionnent autant qu'elles finissent par lasser. Je comprends néanmoins son intention de vouloir dresser un portrait fidèle de cette société intellectuelle rasée par Hitler et je dois même avouer qu'il a su éveillé ma curiosité quant à certains de ses contemporaines que je ne connaissais pas. Zweig évite le piège de la description perpétuelle (piège propre au genre) en relatant un paquet d'anecdotes parfois drôles, parfois surprenantes, toujours pertinentes. Le coup de sa malédiction théâtrale ou de Rodin l'oubliant dans son atelier me tirent encore quelques sourires.

Mais le souvenir le plus marquant qui me reste du roman, c'est l'émotion qui se dégage des chapitres consacrés à la première, puis à la deuxième guerre mondiale. Zweig, c'est le magicien d'Oz. J'ai vraiment eu l'impression de passer de l'autre côté du miroir. Mes cours du lycée ne m'ont jamais paru aussi plats. On embrasse l'Histoire et on la comprend, enfin.

C'est rare de se sentir grandie en terminant un livre.

Mon avis perso : 17/20, si j'étais prof au lycée, je ferai lire ce bouquin à mes élèves. Ou pire, je ferai tout pour leur donner envie de le lire ;) !

L'après-critique : Je contenterai juste d'un extrait qui me fait encore frissonner. Mais toute ombre, en dernier lieu, est pourtant aussi fille de la lumière et seul celui qui a connu la clarté et les ténèbres, la guerre et la paix, la grandeur et la décadence, a vraiment vécu.

Lu dans le cadre d'une lecture commune : organisée par Vashta Nerada, merci BEAUCOUP. Sans toi, je n'aurais probablement jamais lu Le Monde d'Hier et c'est à ce jour, je crois, une des lectures qui m'a le plus marquée. Pour les autres avis, c'est par ici :

Vashta Nerada -- Habitant of Sto -- Nane 42 -- Bouquinette -- Jamestine

(Désolée pour le retard, vive la rentrée XD !)

Posté par Nefertari808 à 00:03 - - Commentaires [2] - Permalien [#]
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Commentaires sur Le Monde d'Hier ~ Stefan Zweig

    Contente d'avoir fait cette LC avec toi !

    Moi non plus d'habitude je ne me jette pas sur les autobiographies (je n'en lis jamais quoi !). Mais ici le côté témoignage historique est assez plaisant. De plus, culturellement c'est fou comme ils se connaissent tous !

    Posté par BouQuiNeTTe, 01 octobre 2012 à 00:31 | | Répondre
  • Oui, moi aussi ça m'a surprise ! T'as l'impression que Zweig est ultra connecté à son époque. Il connait Freud, Strauss, Rolland, Rodin, rencontre le fondateur du mouvement sioniste, habite pas très loin d'Hitler, possède des reliques de Goethe, de Vinci etc...

    Posté par Nef, 03 octobre 2012 à 00:15 | | Répondre
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