06 septembre 2012

L'Etranger ~ Albert Camus

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Résumé : Meursault vit en Algérie française. On lui annonce le décès de sa mère. Une fois l'enterrement passé, il rentre à Alger et continue à vivre comme si rien ne s'était passé.

Mon avis perso : Il m'est très difficile de résumer mon ressenti face à cet Etranger. C'est un roman très court que j'avais pourtant abandonné à l'époque où je lisais de manière un peu aléatoire. En y réfléchissant, je me demande encore comment j'ai pu m'arrêter après seulement 31 pages... Bref, j'arrête de papoter, il me reste une dizaine de chroniques à poster, vive la fin des vacances !

Ce que j'ai aimé dans la première partie, c'est cette sensation, sourde et difficile à définir, que le personnage principal fait naitre chez le lecteur. On sent que quelque chose ne tourne pas rond mais on arrive pas clairement à dire quoi. Clairement, l'indifférence affichée par Meursault n'a rien de normal. Elle est habillement évoquée par l'auteur. Autour de ce sentiment ambigu, il construit son récit, s'attardant à jeter les bases de l'environnement de Meursault. Il ancre son personnage dans ses habitudes, mais pas dans sa réalité. Petit sentiment d'ennui tout de même, mais sur une cinquantaine de pages, c'est surmontable, surtout que la conclusion de cette première partie est tendue et surprenante.

La suite nous offre les clefs de notre malaise, pointant du doigt ce qui ne va pas chez Meursault. L'auteur nous conforte dans nos soupçons, et le faire de les assoir, ainsi, dans la réalité, ça nous libère et nous interpelle en même temps. On est alors pris au dépourvu par l'attitude des personnages secondaires. On comprend leur malaise pour l'avoir perçu de la même manière, mais leur acharnement nous dépasse. On sent bien que la machine s'emballe autour de l'indifférence du protagoniste. L'absurde prend le contrôle de l'intrigue. L'auteur réussit son pari et ne nous laisse pas sortir de son roman complètement indemne.

Ma note perso : 16/20, le rythme est lent et peut décourager, mais sur une centaine de pages, on passe outre afin d'atteindre le véritable propos de l'auteur, aussi intéressant que dérangeant.

L'après-critique : « J’ai résumé L’Étranger, il y a longtemps, par une phrase dont je reconnais qu’elle est très paradoxale : “Dans notre société tout homme qui ne pleure pas à l’enterrement de sa mère risque d’être condamné à mort.” Je voulais dire seulement que le héros du livre est condamné parce qu’il ne joue pas le jeu. En ce sens, il est étranger à la société où il vit, où il erre, en marge, dans les faubourgs de la vie privée, solitaire, sensuelle. Et c’est pourquoi des lecteurs ont été tentés de le considérer comme une épave. On aura cependant une idée plus exacte du personnage, plus conforme en tout cas aux intentions de son auteur, si l’on se demande en quoi Meursault ne joue pas le jeu. La réponse est simple : il refuse de mentir. » Albert Camus.

Posté par Nefertari808 à 10:45 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
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